Au Canada, GDSI est devenu, en janvier 1986, un Centre national responsable des données océanographiques (CNRDO) pour les données de bouées dérivantes. Il agit au nom de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Le présent site Web décrit les activités du CNRDO-GDSI concernant la collecte des données fournies par les bouées dérivantes et la présentation de ces dernières en vue de leur utilisation par la communauté scientifique internationale.
Le CNRDO est un centre national de données qui prête assistance aux centres mondiaux de données (WDC). L'aide du CNRDO peut être directe : aux WDC-Océanographie afin qu'ils puissent remplir leur mission; à d'autres États membres afin qu'ils puissent satisfaire à leurs exigences particulières en matière d'entrée et de sortie de données avec le système d'échange; ou à un programme scientifique international dans l'intérêt des WDC-Océanographie. Les services dispensés par les CNRDO sont d'ordinaire une combinaison d'au moins deux des types d'aides énumérés ci-devant.
Le concept de CNRDO a été élaboré pour permettre au système d'échange international de répondre à l'accroissement du volume et de la diversité des données océanographiques recueillies. La principale fonction des CNRDO consiste à aider les WDC-Océanographie. Certains CNRDO offrent des services pour répondre à des exigences, qui n'évoluent que très peu au fil des ans, tandis que d'autres offrent une série de services qui répondent aux besoins à court terme du système d'échange international et qui ne seront requis que pendant une période définie.
Le progrès technologique, la complexité des problèmes rencontrés de nos jours et les besoins croissants des utilisateurs en matière d'information et d'interprétation des données ont fait en sorte qu'un grand nombre de centres de données n'étaient plus en mesure de maintenir leur expertise pour répondre aux exigences. Ainsi, certains centres ont recours à un programme conjoint avec un établissement de recherche océanographique pour offrir des services CNRDO. Cette approche a en outre permis d'augmenter la souplesse du système à fournir les services requis par la communauté maritime internationale.
Le concept de la mise à jour continue des données océanographiques a été mis de l'avant pour répondre aux exigences d'un grand nombre d'utilisateurs désireux d'avoir rapidement accès aux données après leur collecte. Auparavant, on considérait la rapidité d'accès aux données comme une exigence « opérationnelle » similaire aux prévisions météorologiques, à la planification de routes de navigation et à la prévision de fenêtres météorologiques pour effectuer des opérations hauturières sensibles aux conditions météorologiques. Or, les responsables de programmes de recherche scientifique déterminent maintenant leurs propres exigences quant à l'obtention de données « opérationnelles » ou en temps quasi réel. Ainsi, on peut utiliser les données « opérationnelles » pour déterminer l'emplacement ou l'occurrence d'un phénomène marin particulier que l'on étudie. Aussi, une fois que l'on a découvert l'emplacement du phénomène, on peut mener des études plus précises et exhaustives et commencer la collecte de données, comme c'est le cas pour certaines études menées actuellement sur El Niño.
Il y a donc un avantage manifeste pour les responsables des programmes scientifiques à rendre les données océanographiques disponibles en temps réel ou quasi réel. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une tâche facile, car les systèmes de traitement de données actuels n'ont pas été conçus pour fournir des données pleinement analysées et de qualité contrôlée dans de tels délais. On a donc compris qu'il fallait gagner en rapidité au détriment de la qualité.
Le concept de mise à jour continue des archives représente une solution pragmatique à la perte de qualité. Ce concept repose sur la saisie et l'archivage des données dès que possible, puis sur le remplacement ultérieur de celles-ci par des données de meilleure qualité dès qu'elles sont disponibles. Le SDMM a adopté le concept de mise à jour continue des archives pour le dossier des bouées dérivantes.
Pour jouer efficacement son rôle comme CNRDO pour les bouées dérivantes, le SDMM participe à divers programmes internationaux qui favorisent le recours à la technologie des bouées dérivantes pour l';observation des caractéristiques physiques des océans ainsi que l'échange de données en temps réel.
Les principaux groupes de travail liés aux données des bouées dérivantes sont les organismes membres du Groupe de coopération pour les programmes de bouées de mesure (DBCP). Le SDMM est un membre actif de ce Groupe et fournit des données et des renseignements pour aider les pays membres à atteindre leur but.
Une bonne partie du travail du DBCP dans l'océan s'effectue par l'entremise de plusieurs groupes d'action. Pour venir en appui aux programmes de l'OMM et du COI, chaque groupe assure la tenue d'un programme de bouées d'observation qui fournit des données pour des applications en temps réel ou pour la recherche. Parmi les groupes d'action pour lesquels le SDMM produit mensuellement des cartes indiquant leurs activités, mentionnons le Programme international des bouées de l'Arctique (PIBA), le Programme international des bouées de l'Antarctique (IPAB), le Programme international des bouées de l'Atlantique Sud (ISABP) et le Programme international des bouées de l'océan Indien (IBPIO).
Le SDMM procède à l'archivage de toute l'information qui lui parvient avec les données. En conséquence, tous les indicateurs de qualité des données et l'information relative à la constitution du dossier sont inclus dans les archives. En outre, étant donné la taille des archives, le SDMM utilise un certain nombre de fichiers de données associés aux bouées dérivantes.
Les données en temps réel sont reçues par l'entremise du SMT à l'aide du code BUOY. Dès l'entrée en service des bouées dérivantes, nombreux ont été ceux qui présentaient leurs données en temps réel (d'ordinaire dans les heures suivant la collecte). D'autres se sont aussi servis du code BUOY (ou de ses prédécesseurs) pour des fins autres que les applications relatives aux bouées dérivantes, y compris pour des voiliers et des bouées captives. Toute cette information est emmagasinée dans des archives en temps réel et la source peut être déterminée par l'identificateur.
Même si le SDMM a été officiellement reconnu comme CNRDO en 1986, les archives débutent à la fin de 1978 avec le programme FGGE. L'arrêt de ce programme a donné lieu à une réduction du nombre de bouées déployées, jusqu'à ce que le Programme TOGA vienne en relève, ce qui a permis une augmentation constante du nombre de bouées depuis. À la fin de 1998, 13 millions de messages ont été archivés, ce qui représente une croissance de l'ordre de 100 000 messages par mois.